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Rapport introductif du 28 Novembre 2013

Par William BURIAS, le 07 January 2014

Le premier ministre a entamé ses consultations en promettant une « remise à plat » et une « réforme » du système fiscal. Pour une grande réforme fiscale, nous disons chiche! Mais avec un vrai débat, d’autres objectifs que ceux jusqu'ici annoncés et une tout autre méthode. La méthode Ayrault sent, en effet, déjà l'embrouille. Les consultations risquent de servir de rideau de fumée pour des conclusions déjà prêtes et toutes écrites sous la dictée du Medef et de la Commission européenne. Ainsi en va-t-il de la fusion IR CSG et du prélèvement à la source, qui ne vise qu'à effacer la distinction entre impôt et financement de la sécurité sociale, pour accélérer le désengagement des entreprises du financement des cotisations sociales et leur transfert vers l'impôt des salariés. Les deux questions qui doivent être au centre d'une réforme fiscale de gauche sont la reconstruction d'un impôt plus juste et d'une réelle contribution du capital, aujourd'hui très largement exonéré de tout impôt. C'est pour que ce débat essentiel ne soit pas volé aux Français, Pierre Laurent a proposé une autre méthode que celle du gouvernement Ayrault : l'écriture citoyenne et transparente d'une grande loi de justice fiscale. Avec les parlementaires de nos deux groupes, à l'Assemblée nationale et au Sénat, il propose d'ouvrir, dans tout le pays, des ateliers législatifs et la construction, avec toutes les forces qui le voudront, d’États généraux pour la justice fiscale au printemps. C'est là que, nous écrirons le projet de loi que nous porterons au Parlement.

Selon un sondage CSA/l’Humanité, 84 % des Français pensent que «la lutte contre les inégalités» devrait être « prioritaire »; 90 % affirment que « si rien n’est fait » ces inégalités se développeront dans les prochaines années ; et pas moins de 81 % déclarent que « les gouvernements peu­vent s’ils le veulent » les réduire... Encore un sondage, diront certains. Attention, pour une fois, de ne pas sous-estimer les résultats de cette enquête singulière. Car dans ce moment si particulier de notre vivre ensemble, où nihilisme et égoïsme semblent dominer les comportements d’une humanité fragmentée, l’aspiration réévaluée à l’égalité n’est fran­chement pas anodine. Elle est même, avouons-le, plutôt réjouissante.

Nos concitoyens sont donc 84% à vouloir « réformer en profondeur » la société française. Ce n’est pas rien. Mais cette volonté affirmée suffit-elle, pour autant, à ouvrir de nouveaux horizons de résistances politiques, est-elle assez dense et concrète pour se transformer en conscience de classe émergeant sur un nou­veau rapport de forces ? Encore faut-il que les citoyens le veuillent réellement. Pourtant la crise dans laquelle nous sommes plongés creuse le doute sur la viabilité du libéralisme et même du capitalisme en tant que modèle indépassable. Oui, nous vivons une époque de contre-révolution conservatrice, mais ce triste épisode de notre histoire n’est pas fatal. Face à des ennemis plus habi­les que jamais, notre exigence ne doit pas être aveugle mais consciente, pour dénoncer toutes les manœuvres qui empêcheraient la mobilisation générale sur le front de l’emploi, laissant comme perspective durable celle d’un monde du travail gangrené par le chômage de masse, l’insé­curité sociale, la précarité et l’exclusion, la pauvreté et l’incertitude.

Nous sommes bien placés pour le savoir, la politisation ne découle sou­vent que de l’intensité du mouvement social. Faute d’un sursaut politique populaire venu du pays profond, qui ne confond pas le « ras-le-bol fiscal » avec l’injustice fiscale, ni le « coût du travail » avec le coût du capital, l’avenir qui se dessine serait celui d’une division insuppor­table – entre chômeurs et actifs, entre jeunes et vieux, entre nationaux et étrangers, etc. –, terreau hélas de toutes les haines et de toutes les soumissions. À force de tourner le dos à la gauche, François Hollande conduit la France dans une impasse et sa traîtrise se double d’une impuissance terrifiante.

Voilà pourquoi le Front de gauche appelle les citoyens à participer à une grande marche à Paris le 1er décembre prochain. Pour faire entendre la voix du peuple – celui qui veut agir, celui qui ne renonce pas à ce qu’est vraiment la gauche. Afin de permettre à un  maximum de camarades à y participer, plusieurs fédérations organise le même jour un rassemblement à Tulle, à 14 heures, sur le parvis de la cathédrale, à l'endroit où François Hollande avait déclaré sa candidature. Nous devons être nombreux à y participer. La fédération organise un covoiturage, je vous demande donc de vous inscrire dès ce soir.

Voilà pourquoi le Front de gauche souhaite organiser rapidement, et dès la rentrée de janvier, un meeting sur le coût du travail, en y associant, s'ils le souhaitent, les organisations membres du comité pour une alternative pour l'austérité.

Un climat nauséabond s'installe dans notre pays.  Minute est un torchon. Ce n’est pas une découverte. Sa une est ignoble : « Maligne comme un singe, Taubira retrouve la banane ». Le gouvernement a engagé une démarche judiciaire contre l’hebdomadaire d’ex­trême droite et il a bien fait. On avait eu le sentiment, lorsque les injures racistes con­tre la garde des Sceaux ont franchi un cap, il y a quelques semaines, qu’il n’était pas très réactif. Il l’est pour le coup, tant mieux.

Au-delà de la ministre, de la personne à qui va toute notre fraternité, ces injures qui nous ramènent à la barbarie, à la France du fouet, de la canonnière et des colonies, sont notre affaire à tous. C’est la République qui est insultée. La une de Minute est un crachat au fronton de nos mairies, tel que c’est, depuis, le bal des faux-culs. Ainsi, le FN aurait trouvé cette une « inadmissible, extrêmement cho­quante ». Ben voyons, le FN n’a jamais été raciste. C’est un malentendu si Jean-Marie Le Pen, par exemple, comparaissait justement, devant le tribunal correctionnel de Paris pour « injures raciales et provoca­tion à la haine et à la discrimination » à la suite de propos sur les Roms qui, comme les oiseaux, « voleraient naturellement ». Pour son avocat, « c’est un jeu de mots, c’est de l’humour ». Il a tant fait de bla­gues !… Parions que Minute aussi plaidera l’humour.

Jean-François Copé a indiqué qu’il soute­nait la démarche judiciaire du gouverne­ment, jugeant cette une « profondément scandaleuse ». Mais qui, Jean-François Copé, déclarait, le 23 mai 2012 : « Quand on vote FN, c’est la gauche qui passe et on a Taubira » ? Oui, oui, il a bien tenté d’ex­pliquer, l’autre jour sur TF1, qu’il voulait seulement évoquer le supposé « laxisme » de la ministre. Allons donc. Faut-il rappe­ler comment, au fil des dernières années, la droite s’est « décomplexée », avec les discours de Dakar et de Grenoble, le rôle positif de la colonisation, l’humour – déci­dément ! – de Brice Hortefeux sur les « Auvergnats » : « C’est quand ils sont plusieurs que les ennuis commencent. » Et des esprits « décomplexés », des éditoria­listes, ont à leur tour soufflé sur le feu. Au nom de la liberté de parole, comme si la parole raciste, la parole qui nie, qui enchaîne, la parole qui tue, était une parole libre !

Mais ce qui nous interpelle plus encore que ces minables exercices de saintes-nitouches, c’est le sentiment insistant que la crise politique dans laquelle nous som­mes entrés est aussi une crise morale. Il est clair que l’extrême droite et une partie de la droite n’ont jamais eu besoin de per­sonne pour tenir au chaud les braises du racisme, de la xénophobie comme autant d’instruments de domination idéologique et d’oppression des peuples. Mais il faut, pour leur faire face, que chacun soit fier de la République, s’appuie sur ses acquis, se conforte par ses progrès. La crise de confiance qui touche aujourd’hui le gou­vernement à gauche laisse le champ libre à une droite qui ne se freine plus. Injures, huées sur les Champs-Élysées en sont l’expression la plus crue. Mais, pour elle, à travers le ras-le-bol fiscal, c’est l’impôt lui-même comme instrument des politi­ques publiques qui est atteint. À travers les radars détruits, l’État législateur est visé.

Il est temps, il est urgent que la gauche relève la tête, qu’elle retrouve le chemin de l’action, de la rue, pour une politique de gauche et les valeurs de la République

C’est pourquoi je vous appelle à participer à un rassemblement le 30 novembre 2013 à Aurillac, à 10h30 place des Droits de l'Homme, à l'appel de nombreuses organisations.

Avant d'aborder les élections municipales, un mot sur les élections européennes.

Des discussions vont être engagées avec les fédérations du Parti et les partenaires du Front de gauche, qui sont plus nombreux qu'en 2009. Nous les voulons aussi plus larges dans leur dimension citoyenne. Les secrétaires départementaux se sont réunis, à l'occasion de la Convention sur le projet européen, pour établir quelques principes que nous allons décliner dans chacune des 7 circonscriptions métropolitaines. Nous avons insisté sur la dimension nationale des discussions : réflexion nationale et réflexion des circonscriptions devront aller de pair. Un principe est réaffirmé : celui de la réélection des sortants sur la circonscription où ils ont été élus et sur les projections sur les places éligibles supplémentaires. Les données que nous avons aujourd'hui ne permettent pas de disposer aujourd'hui d'éléments suffisamment fiables pour dire dans quelles circonscriptions ces nouveaux élus pourraient survenir. Le gain d'élus supplémentaires doit profiter à tous et donc au PCF. Nous allons pour avancer maintenant tenir des réunions des secrétaires départementaux à l'échelle des circonscriptions électorales, pour la nôtre ce sera demain à Bourges.

J'en viens maintenant aux élections municipales.

Nous savons que ces élections apparaissent encore lointaines par rapport aux préoccupations qui assaillent chaque jour les Cantaliens.  Mais elles auront une très grande importance sur notre leur vie.

Car aujourd’hui, la vie est devenue de plus en plus difficile, des quartiers d'Aurillac au plus petit hameau du Cantal. Il y a trop d’injustices. Les revenus des Cantaliens, actifs ou retraités, sont parmi les plus bas de France. Nos services publics de proximité disparaissent petit à petit. Ce n'est pas une fatalité, l’argent existe mais il est accaparé par quelques-uns au détriment du plus grand nombre. Combattre, cela nécessite de s’attaquer à la finance. Le président élu pour « changer maintenant » ne le fait pas et poursuit avec son gouvernement les politiques d’austérité. Nous les combattons et engageons des batailles pour aller chercher l’argent là où il est : dans les banques, le monde de la finance, pour une alternative de transformation sociale et pour une nouvelle majorité politique.

Dès le mois de mars, avec les municipales, nous pouvons gagner des changements dans nos territoires par plus de droits et de pouvoir aux citoyennes et citoyens cantaliens. Il faut, dans le plus de communes possibles, encore plus d'élu-e-s qui lutteront contre les inégalités et l'austérité, de communes qui choisiront l'humain, le partage, la solidarité, la démocratie.

Les candidat-e-s communistes, s'ils sont élus, deviendront des relais des luttes et des résistances, face aux politiques d'austérité du gouvernement. Ce qu’il faut, c'est élire des femmes et des hommes intègres, au service de l’intérêt général comme le sont, vous le savez, les élus communistes municipaux que compte notre département. Nous appelons toutes les femmes et hommes de progrès, les jeunes, tous les militant-e-s associatifs, syndicaux, tous les citoyen-ne-s à s'engager avec nous. Dans tout le département, les communistes, dont vous connaissez l’attachement à l'action municipale, l’engagement, l’expérience sur le terrain, se sont lancés dans ce travail de rassemblement.

J'insiste, sur l'unicité et la cohérence de notre stratégie. Il n'y a pas deux sortes de communistes, comme veut le faire croire Jean-Luc Mélenchon, ceux qui sont des "pleutres" et qui suivent Pierre Laurent dans des listes avec les socialistes – ce sont ses mots hier soir sur France Inter – et les courageux qui ne veulent pas des socialistes. Non. Les communistes sont rassemblés et ont un seul but : l'intérêt général. Que ce soit à Paris ou à Marseille, à Clermont-Ferrand ou à Aurillac, à Arpajon ou à Glénat, Allanche, ou Rouffiac.

Avec les citoyens, sur des programmes de progrès social audacieux, ils ont décidé de construire les listes de rassemblement les plus larges possibles dès le 1er tour de ces élections. Elles doivent être victorieuses dans le plus grand nombre de communes. Si ce n'est pas le cas, ou si ces listes de rassemblement n'ont pas été possible pour diverses raisons, le second tour appelle l'impératif de rassembler contre la droite et l’extrême-droite. Pas question de les laisser détruire demain les solidarités dans nos communes !

Nous devons ce soir valider la liste de nos chefs de file dans notre Département. Je vous propose ensuite une déclaration départementale que je ferais connaitre dès demain en conférence de presse et qui pourrait devenir notre 1er tract pour les élections municipales. Nous aurions ainsi un matériel commun, quel que soit les alliances que nous ferions localement, afin de souligner la cohérence de notre stratégie.

Chers camarades, j'insiste enfin sur un point : ce que le gouvernement ne veut pas faire, une vraie politique de gauche, nous, nous voulons le réussir. Les élections municipales seront une étape majeure pour cela. Dans la durée, les communistes cantaliens s’engagent dans cette bataille, unis et déterminés, animés partout, quelle que soit la diversité des situations locales, de la même passion de rassembler.

Pour terminer, je voudrais insister sur un point d'une importance capitale. J'ai vu combien les communistes qui s'investissent sur les élections municipales le font avec abnégation et courage. C'est primordial. Nous avons besoin d'eux. Mais nous avons aussi besoin de tous les communistes. Nous avons des ambitions. Pour ces échéances, bien sûr, mais aussi pour notre Parti. J'en appelle à votre cœur militant : insistez-vous avec fougue dans la vie de notre Parti. Sans nos adhérents, nous ne sommes plus rien.

Nous avons besoin d'investissement dans nos sections, en premier chef, car ce sont les lieux ou chaque communiste participe à l'activité souveraine de la vie du Parti. Nous en avons besoin au niveau fédéral. Pour le lien avec ces sections, justement, pour enclencher une campagne de renforcement, vitale pour notre organisation. Ayons envie de donner envie de rejoindre le Parti communiste. Mais aussi pour la formation des adhérents, pour organiser des initiatives à notre portée et originales, en dehors des grandes campagnes électorales.

Nous devons donner corps à la phrase qui a accompagné les travaux de notre congrès : Rallumons les étoiles !!

 
 
 
 

28 Novembre 2013

Il a eu lieu le 28 Novembre dernier. Après l’introduction de William, de nombreuses interventions se sont succédées pour échanger sur la campagne nationale « Coût du capital » et sur l’actualité de ces derniers mois.

La discussion s’est ensuite portée sur les élections municipales. Un point a été effectué section par section.
Dans chaque commune, les communistes Cantaliens sont unis pour faire barrage à la droite et à l’extrême droite. Pour ce faire, chaque Section construit dès à présent des programmes de progrès social avec l’aide des citoyens. Ces programmes, et ceux qui les portent, sont des bras de leviers considérables pour lutter contre l’austérité dans nos communes et pour faire renaitre les solidarités.
Fort de ce constat, le Conseil Départemental a adopté une déclaration pour faire part de l’unité qu’affichent les communistes du Cantal et pour exposer notre stratégie fédérale (disponible à la Fédération et sur le site internet)

Enfin, les chefs de file ont été élus :

ALLANCHE : Patrick MERAL
ARPAJON : Chantal MAZIERES
AURILLAC : Jean Pierre ROUME
CARLAT : Alain COUSIN
GLENAT : Claude PRAT
RIOM ES MONTAGNE : François BOISSET
ROUFFIAC : Alain SERIES

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