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Vœux de la Fédération du Cantal du PCF (14 Janvier 2014)

Mesdames, Messieurs les représentants des organisations politiques,

Mesdames, Messieurs les représentants syndicaux et associatifs,

Mesdames, Messieurs les journalistes,

Mesdames, Messieurs, chers camarades,

Je suis très heureux de vous accueillir ici dans notre fédération, dans la maison des Communistes.

En préparant cette intervention, je voulais faire le bilan de l'année qui vient de s'écouler.

Mais je voulais d'abord commencer en revenant sur la disparition d'un être cher à tous les communistes, je veux bien évidemment parler de notre camarade Nelson Mandela. Il nous laisse en héritage une grande leçon de courage. Son combat, celui de l’ANC, a marqué des générations et constitue un exemple pour les peuples du monde entier. Le PCF s’honore d’avoir été dès les premières heures au côté de Nelson Mandela. C’est un combat qui a profondément marqué des générations de communistes français qui se sont battus contre l’apartheid, pour la libération de Mandela et pour le boycott de ce régime. Boycott qui a été, pendant des années, refusé par les différents gouvernements français et occidentaux. De l'occupation de l'Ambassade d'Afrique du Sud, entièrement repeinte en noir pour crier la honte de ce régime, aux grandes manifestations parisiennes, en passant par la douleur de l'assassinat à Paris de Dulcie September, le PCF, les jeunesses communistes et le journal l'Humanité ont été de tous les combats. Nous n’avons jamais failli dans cette solidarité. Nous en tirons une grande fierté, d’autant que nous avons commencé ce combat à une époque où nous étions bien seuls à le mener.

L'année a été marquée pour les communistes, et tous ceux qui s'intéressent à la construction de l'alternative politique, par le Congrès de notre Parti, les 7, 8, 9 et 10 février dernier. Ce Congrès a vu les communistes se rassembler, dans une unité qui n'est pas de façade, autour d'un texte fondateur, l'Humanifeste, qui dessine une posture de combat : "Il est grand temps de rallumer les étoiles". Analysant la crise de civilisation provoquée par le capitalisme ces dernières années, les communistes ouvrent ainsi des pistes pour un monde radicalement refondé. Et pour le faire advenir, avec la révolution citoyenne. Une révolution citoyenne qui s'incarne notamment dans la dynamique du Front de gauche, dont les communistes proposent d'écrire la saison 2. Face au choix politique de l'austérité, ils entendent gagner dès que possible un changement de cap. C'est donc un "communisme de nouvelle génération" qui marque l'action des communistes français, un communisme forcément démocratique, internationaliste, écologiste… plus que jamais révolutionnaire.

C'est ce à quoi ont travaillé sans relâche en 2013 les communistes du Cantal, avec toujours la volonté de rassembler largement. C'est ainsi qu'a pu voir le jour le Comité départemental pour une alternative à  l'austérité, et le meeting qui a eu lieu le 26 mars dernier à Aurillac, en présence de représentants nationaux de la CGT, de la FSU, du PCF et du PG, avec d'autres organisations comme EELV, Sud Solidaires, le Modef, et le Parti Occitan. Ce n'est pas rien, dans un contexte de morosité sociale, de réussir à rassembler plus d'une centaine de nos concitoyens qui refusent ces politiques qui nous imposent une cure d'austérité, en France bien sûr, mais aussi partout en Europe. Ils se sont ainsi réunis, pour échanger et construire des solutions permettant de sortir de la crise, autrement qu'en voulant réduire à tout prix a dette, et donc l'investissement, les salaires, la protection sociale, les services publics et j'en passe.

Ce meeting a été suivi par une autre initiative : le 2 juin dernier, le Front de gauche manifestait dans les rues d'Aurillac pour dire Non à l'Austérité. La troïka impose aux peuples une dictature économique qui les étrangle : c'est ce qui se passe en Grèce, au Portugal, en Espagne, en Italie, etc. Et pourtant, des citoyens se rebellent.

C'est cette politique d'austérité que met en place aujourd'hui un gouvernement de gauche. Cela fait maintenant 19 mois que François Hollande a été élu. Et que fait le gouvernement socialiste ? Après avoir dénoncé les forces de l'argent dans son discours du Bourget  - "Mon adversaire, c'est le monde de la finance" disait alors le candidat Hollande - le pouvoir socialiste, non seulement a renoncé à les combattre, mais les considèrent comme essentielles dans la politique qu'il veut mener. Pour preuve, l'ensemble des mesures prises pour, je cite, "améliorer la compétitivité, et baisser le cout du travail".

En 2013, nous avons été nombreux, sans doute pas assez, à se battre contre une réforme des retraites qui ne fait que prolonger les réformes successives, jusqu'à celles du gouvernement Fillon : l'augmentation de la durée des cotisations, avec pour conséquence la baisse des pensions. Les communistes étaient toujours présents dans les manifestations qui ont eu lieu à Aurillac, jusqu'au vote, honteux pour un gouvernement de gauche, de la loi au Parlement.

Nous avons été aussi nombreux, sans doute pas assez là aussi, à dénoncer ce texte de recul social sans précédent sous un gouvernement de gauche, je veux parler de la loi qui a découlé de l'Accord National Interprofessionnel. Les communistes ont combattu ce texte sans relâche, que ce soit au Parlement avec leurs les députés et sénateurs, ou sur le terrain. Ici, nous avons envoyés des courriers, des lettres ouvertes aux députés et sénateurs de gauche du Cantal, jusqu'à être reçus, avec nos camarades représentants d'autres organisations du Comité départemental pour une alternative à l'austérité comme la CGT ou la FSU, par le député Alain Calmette le 7 juin dernier. Nous avons échangé avec lui, sans langue de bois. Et nous avons pu constater combien notre analyse et nos propositions, sur ce dossier mais aussi sur bien d'autres, comme les salaires par exemples, étaient encore éloignées des siennes.  Raison de plus pour ne pas baisser la garde, et tout faire, dans l'unité, pour imposer d'autres choix, un changement de cap, une autre politique pour 2014.

Une autre politique pour les travailleurs de ce pays. Pour ceux qui souffrent, de plus en plus nombreux, pour les jeunes précaires qui voient leur avenir bouché et sans perspective d'emploi, pour les retraités qui voient leurs pensions diminuer sous l'effet de l'augmentation des cotisations et qui doivent parfois payer l'impôt sur le revenu et la redevance télé, alors qu'ils en étaient exonéré jusqu'alors, pour les salariés de ce pays dont les revenus n'augmentent plus, voire diminuent sous la pression patronale, encouragée dans cette voie par les propos et les actes de ce gouvernement qui a malheureusement choisi son camp, entre les forces du monde du travail, et les forces du capital. On l'a vu encore avec le refus de voter la loi sur l'amnistie sociale, portée par les parlementaires communistes, et attendue par les forces syndicales. Ce refus a des conséquences dramatiques, avec un acharnement parfois contre des dirigeants syndicaux ou des représentants du personnel.  Je pense bien évidemment à nos camarades surnommés les 5 de Roanne qui, après avoir été relaxés par le tribunal le 17 décembre dernier, devront encore passer en appel suite à la décision du procureur de Lyon. Je pense aussi à notre camarade Edgard Seigné, victime en 2013 de l'acharnement de la direction de l'IFPP qui souhaite le licencier, contre l'avis de l'inspection du travail et du tribunal administratif.

Lors de son intervention télévisée à l'occasion de ses vœux pour 2014, François Hollande a donc choisi son camp. Les salariés, les précaires, la jeunesse ne seront pas « servis ». Il confirme qu'il persévère et ne changera rien de cette politique qui échoue depuis plus de vingt ans : moins de charges pour les entreprises pour soit disant plus d'emplois. On connaît le résultat : toujours plus de bas salaires, de précarité et de chômage. Toute la presse souligne le tournant à droite. Jean-Pierre Raffarin et Valérie Pécresse, tous deux à l'UMP, se réjouissent. Pierre Gattaz, le patron des patrons, s'est déclaré « satisfait » et a « applaudi » ; il a même des idées pour aller plus loin, faisons-lui confiance ! La majorité des Français et des Françaises voient par contre se profiler une année 2014 inquiétante.

François Hollande n 'a pas pu annoncer la réalisation de sa promesse pour 2013 : l'inversion de la courbe du chômage. Et pour cause, celui-ci augmente. Il a, par contre, proposé un pacte de responsabilité aux entreprises : l’État baisse encore ce qu'ils continuent d'appeler le « coût du travail » en échange d'hypothétiques embauches, sans contraintes pour les entreprises. Après les 20 milliards de cadeaux en 2013 (le crédit compétitivité emploi), nous payerions de nos poches 50 nouveaux milliards. Et Pierre Gattaz (MEDEF), demande encore un effort pour arriver à 100 milliards !

Depuis ce 1er janvier, avec l'augmentation de la TVA, le plus injuste des impôts, c'est une nouvelle ponction de 6 milliards qui est opérée sur le pays. La charge fiscale s'est accrue de 60 milliards en trois ans. Comme toujours, ce sont les familles les plus simples, les plus modestes qui supportent l'essentiel de l'effort exigé. Tout ça pour rembourser les banques, tout ça pour financer de nouvelles exonérations aux fortunés au nom de la « compétitivité ».

Il n'y aura pas non plus de coup de pouce pour les Smicards cet hiver, le gouvernement jugeant la hausse légale du SMIC suffisante. Cela fera 10 centimes de plus l'heure ! C'est d'autant plus scandaleux que les arguments avancés par le gouvernement reprennent directement le refrain patronal. Alors que les 500 plus grandes fortunes de France ont prospéré au rythme annuel de + 25% en 2012 !

Cette politique nourrit le repli sur soi, les xénophobies de tous ordres et le rejet de l'autre. Devant cet avenir sombre pour notre peuple, certains n'hésitent pas à encourager la haine. L'extrême-droite de Marine Le Pen, bien sûr, qui derrière son nouveau vernis médiatiquement acceptable, cache en vérité tout ce que les communistes rejettent et exècrent. Mais certains à droite n'hésitent plus à franchir le rubicond. La politique mené par le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls est, elle aussi, purement scandaleuse, comme nous l'avons vu, et le voyons encore, avec le traitement fait aux populations Roms. Comment s'étonner qu'un Dieudonné, dans ce contexte, s'en donne à cœur joie.

L'insupportable dérive antisémite de Dieudonné et la banalisation qui l'accompagne en sont un odieux témoignage comme l'ont été les insultes proférées tout au long de l'année à l'encontre de Christiane Taubira. Plus généralement, de multiples agressions ou discriminations racistes sont vécues au quotidien par nos concitoyens, le plus souvent dans l'anonymat et sans recevoir aucune sanction à la mesure du préjudice subi. Il faut ajouter à cela la dangereuse prolifération de propos et de thèses racistes dans le discours politique comme on le voit avec la stigmatisation de l'islam ou le rejet des populations Roms. La solution n'est évidemment pas dans la hiérarchisation ou la compétition des racismes, on ne combat pas un racisme par un autre, mais elle appelle une lutte résolue contre toutes les formes de racismes et de discriminations. Cela suppose des paroles, mais aussi et surtout des actes. Le PCF propose de déclarer la lutte contre le racisme " grande cause nationale" en 2014.

Concernant Dieudonné, le PCF condamne avec la plus grande fermeté la dérive raciste et antisémite avérée de ce multirécidiviste de la haine. Ses propos, ses vidéos sont condamnables et doivent l'être. Les condamnations prononcées doivent être appliquées. La loi, notamment la loi Gayssot, le permet. Mais surtout, un combat politique est nécessaire pour démasquer l'imposture de Dieudonné. L'interdiction des spectacles est une voie juridiquement dangereuse et fragile, qui peut se révéler politiquement contre-productive dans un pays attaché comme le nôtre à la liberté d'expression. Elle nourrit la confusion quand il faudrait la lever pour combattre la banalisation inacceptable des propos de Dieudonné et des réseaux négationnistes qui l'épaulent. Nous appelons les jeunes qui croient voir en Dieudonné un combattant antisystème à ouvrir les yeux. Non seulement son antisémitisme est avéré, mais c'est un dangereux manipulateur qui instrumentalise la dénonciation du passé colonial et esclavagiste de la France pour nourrir une redoutable spirale de la concurrence mémorielle des populations noires ou issues du Maghreb, justifiant sa propre dérive raciste. Pour reprendre une phrase de mon camarade Sébastien Laborde, secrétaire de la fédération de le Gironde du PCF, pour celles et ceux qui veulent des gestes antisystème, je propose le poing levé et les mains tendus vers les autres !

Encore une fois, 2014 va être une année de défis et de combats pour les communistes. Il est essentiel de ne rien lâcher pour rassembler par les luttes, les mobilisations et donner des clés de compréhension, partager des analyses, des perspectives, construire l’espoir ; un espoir fondé sur le réel et son appropriation par des millions de citoyens.

Les forces existent, des millions de gens sont disponibles et peuvent passer de l’amertume, ou de l’incompréhension profonde sur la situation, à la mobilisation et à l’envie de tracer un autre chemin. C’est là, la tâche première qui est devant nous. Chacune de nos initiatives sera marquée de cette ambition : lever la chape de plomb du « il n’est pas possible de faire autrement ».

Les municipales ne sont pas une pause dans ces batailles fondamentales. Elles s’insèrent pleinement dans ces objectifs en définissant avec les citoyens de nos villes des projets et en faisant du rassemblement le cœur de nos décisions. Elles auront immanquablement des conséquences départementales, régionales, nationales pour les populations, pour l’avenir du Front de gauche et pour le Parti communiste français.

Dans cet enjeu, nous sommes résolument engagés dans une démarche globale et durable de rassemblement majoritaire contre l’austérité, indispensable pour faire reculer dans tous les domaines les politiques libérales et pour rendre possible un changement de politique nationale.

Cette stratégie novatrice de rassemblement, à très haute ambition démocratique, vise à sortir la gauche de la spirale de l’échec en ouvrant la voie à la construction de larges fronts unitaires progressistes pour la transformation sociale. C’est cette orientation politique qui a ouvert la voie au Front de gauche et qui l’a rendu crédible.

En amont de toutes les constructions « commune par commune » - processus démocratique rare dans le paysage politique où les adhérents sont appelés à choisir section par section -  qui résultent inévitablement de circonstances locales, la démarche de fond que nous avons réaffirmée à notre dernier Congrès s’applique pleinement pour penser et construire aux municipales les rassemblements les plus larges possibles. Nous l’imaginons et le concevons dépassant les frontières du Front de gauche, du PCF et même de l’électorat de gauche…

Nous y voyons un atout majeur pour développer à l’échelle locale des politiques de solidarité, de citoyenneté et pour « le mieux vivre, ensemble » de toutes et de tous.

Il n’y a donc pas d’exclusive dans notre démarche de rassemblement, mais une exigence de contenu.

Il y aura dans notre département au premier tour des listes sans l’union de toutes les forces de gauche ! Mais certainement pas des listes dites "autonomes" ! Certaines relèvent d’un choix volontaire justifié par un contexte. D’autres ont été imposées, ici ou là, par l’attitude d’autres composantes de la gauche.

Mais dans toute la diversité des situations, la constitution de listes sans l’union de toutes les forces de gauche avec des « primaires à gauche » ne peut pas nous écarter de notre stratégie de rassemblement. Car, dans tous les cas, c’est la nature du rassemblement, son ampleur et son ancrage citoyen et dans les luttes qui façonnent les conditions de l’union et des alliances.

Le combat contre l’injustice insupportable du capitalisme et contre son impossibilité à œuvrer pour le mieux vivre individuel et collectif est au cœur de notre visée communiste et de notre stratégie de rassemblement. C’est pourquoi nous avons besoin d’un parti populaire pleinement ancré et reconnu dans un mouvement progressiste sur les valeurs de « l’humain d’abord »…, un parti utile avec le maximum d’élu(e)s !!

Il en sera de même pour les européennes. Oui, nous voulons refonder l'Europe dans une Union des nations et des peuples souverains libres et associés. Pour y parvenir, nous devons favoriser les convergences autour de quelques exigences essentielles. Elles sont résumées dans le texte en trois phrases : arrêter l'austérité, libérer les États de la toute-puissance des marchés financiers et refuser dès maintenant le marché transatlantique.

Tout ce que nous avions prévu et critiqué à chaque étape nouvelle de l'Union se vérifie : la monnaie unique, le traité constitutionnel, le traité de Lisbonne et le récent traité Merkozy avalisé par le gouvernement de François Hollande. A chaque fois nous avons alerté notre peuple sur les dangers pour l'état social et pour les acquis sociaux et démocratiques.

La réalité dépasse la fiction, et ce que les peuples ont mis des années à obtenir est rayé d'un trait de plume au nom de « la sacro-sainte compétitivité, la réduction des déficits et la baisse du coût du travail », comme ils disent.

Il faut rompre avec la financiarisation de l'économie en confiant de nouvelles missions à la BCE, un autre rôle pour l'euro, un autre crédit pour les banques, la suppression du pacte de stabilité et la remise en cause du traité budgétaire, exiger une chasse aux paradis fiscaux, et l'instauration d'une taxe sur les transactions financières.

Bref, cette année, nous travaillerons à rendre possibles, crédibles des orientations de progrès social comme condition d'issues à la crise. Bonne année à tous !

 

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